Anne Rothschild

Sculptures

Cet hiver, au hasard de ballades, j’ai trouvé de vieilles souches d’olivier. Au départ, il s’agissait simplement d’installer des petits Bouddhas dans un environnement végétal. Mais très vite, je me suis prise au jeu. Au fur et à mesure que le modelé se dégageait, je retrouvais avec jubilation les gestes du sculpteur que j’avais abandonnés depuis quarante ans. Les formes riches et tortueuses de l’olivier me fascinaient. Je retrouvais ce dialogue merveilleux que j’avais connu autrefois avec la pierre. Ce n’était pas ma gouge qui imposait des formes mais au contraire le matériau qui me les suggérait. Mon rôle consistait à les dégager, pour les tendre entre elles, avec patience et sensualité. La texture du bois que mes mains polissaient, l’odeur qui s’en dégageait, un mélange d’huile et de résine m’enchantaient. En somme, je n’étais qu’une accoucheuse. C’est ainsi qu’une série de personnages étranges s’est mise à peupler mon atelier…