Anne Rothschild

Gravures

La gravure est avant tout une affaire d’ombre et de lumière, qui, par ses multiples étapes, conduit à une véritable ascèse. Dégraissage, pose d’un nuage de résine, application d’un vernis, plongée dans l’acide dont la morsure recèle toujours une part imprévisible.

D’états en états, une gradation s’opère, dépouillant le cuivre de tout ce qui encombre. L’image brute n’apparaîtra qu’au moment de l’encrage. Ensuite, par polissage, la lumière pénétrera les ténèbres, soulevant le grain et organisant l’invisible en visible.

Tandis que le gras de la main enduit d’encre le métal, ce toucher qui est caresse, réveille des sensations d’un état archaïque. Sur la plaque, une feuille vierge et mouillée. La presse, que l’on pousse à grands efforts, répète les mouvements d’une femme en travail. Le papier, laminé par le rouleau, épouse les moindres tailles du cuivre. De cette étreinte étroite, le vélin émerge, ruisselant. Une estampe est née... »

« Travaillant l’aquatinte comme un lavis, Anne Rothschild effleure à peine le cuivre. Il répond et vibre à sa caresse avec une délicatesse et une subtilité superbe. » M. Elgrishi-Gautrot

« Rarement l’aquatinte, en effet qui est une des techniques les plus délicates de la gravure, aura été traitée ainsi, au maximum de ses virtualités picturales. Anne Rothschild nous livre des images diffuses, vibrantes, où le réel-bu jusqu’à la lie- n’est plus que le faire valoir de paysages mentaux évanescents, où les états de la gravure coïncident avec ceux de la mémoire et ses différents éclairages. » Danièle Gillemon